Lars & the real girl {cinéma}
Voilà un film bien mal parti, et qui est pourtant un petit bijou. Mal parti à cause d'un titre VF débile et hors-sujet (Lars and the real girl = une fiancée pas comme les autres), une bande-annonce qui fait plutôt penser à une petite comédie sans envergure, un scénario un peu misérabiliste :
Plus des mauvaises critiques, même chez les Inrocks.Timide et introverti, Lars vit seul dans le garage aménagé de son frère Gus et de sa belle-soeur Karin, dans un petit village du Middlewest. Quand il leur annonce qu'il a enfin rencontré une jeune fille sur Internet et qu'elle va bientôt lui rendre visite, Gus et Karin sont soulagés et très impatients de faire sa connaissance.
Leur surprise est grande lorsque Lars leur présente très officiellement l'étrange Bianca.
Sur les conseils de leur médecin, Karin et Gus décident de ne pas heurter Lars et d'accepter son amie. Bianca accompagne Lars à table, à l'église ou au supermarché attirant l'attention et la stupéfaction générale du village.
Un jeune homme célibataire et introverti, idiot du village à ses heures (Ryan Gosling, repéré dans Half Nelson), tombe amoureux d’une poupée en latex qu’il croit être une vraie femme et que les habitants finissent par accepter comme telle, par compassion. Ce postulat étrange, qui a tout de la fausse bonne idée, ne tient pas la route plus de vingt minutes, avant que le film ne s’embourbe dans l’apathie marronnasse (photographie délavée, décors délabrés). Craig Gillespie, à qui l’on doit la médiocre comédie Monsieur Woodcock sortie cet été, prend son sujet très au sérieux (ce qui est sans doute préférable à un traitement potache) mais se révèle incapable d’en tirer les fils intelligemment. Il laisse Gosling déployer, comme d’habitude, ses irritants tics d’acteur et préfère explorer avec componction la veine psychologique de son scénario plutôt que d’en relever le trouble potentiel par quelque idée de mise en scène.
Et pourtant, j'ai été ému par cette jolie histoire, toute en retenue, loin des comédies criardes actuelles. Un film très honnête, qui ne juge pas ses personnages, qui pourtant prêteraient facilement à la caricature : petite communauté très religieuse, dans un village perdu du Middlewest américain. Cette communauté finalement ouverte d'esprit, qui fait de Bianca (la poupée gonflable) un personnage à part entière, et dont le destin crée une véritable émotion...
Comments
C'est licencieux et c'est pour ça que c'est bien ! bises
a+